À quoi fais-je attention lorsque je marche ?

Ces derniers temps, je ne chausse durant mes leçons que deux paires de chaussures : des talons hauts plateforme de Louboutin faisant 15 cm, et une autre paire de Louboutin plus classique de 12 cm. Avant, pour emmener ou aller chercher Peter à l’école, je portais des Louboutin d’un style classique de 10 cm.

 

Toutefois, la différence de 2 cm dans la hauteur des talons s’accompagnait d’une certaine paresse dans mes muscles qui se répercutait jusqu’à mon état d’esprit. Cette paresse affaiblissait la tension qui est nécessaire pour faire naître la prestance, qui de fait risquait elle aussi de disparaître.

 

Je l’ai dit déjà maintes fois, mais arriver à dégager une véritable aura n’est pas qu’une question de volonté, ni de manière de vivre ou de connaître certaines techniques accessoires. C’est uniquement quand tous ces éléments sont mutuellement bien équilibrés qu’est engendrée une prestance digne de ce nom.

 

Évidemment, dès que se relâchent les fils tissant la tension qui est à l’origine de l’élégance, la prestance n’est plus soutenue et la démarche perd son allure gracieuse. En ce sens, il va de soi que les souliers sans talons ne pourront jamais rivaliser avec des talons hauts, à la condition que l’on marche correctement et avec élégance avec ces derniers.

 

En effet, les chaussures plates permettent de ne pas devoir prêter attention à comment on marche, car le cerveau n’est pas obligé d’émettre ses ordres afin de contrôler avec la grande minutie les muscles. S’abstenir de porter des talons hauts signifie par conséquent se tenir éloignée de la recherche de la beauté dans la démarche.

 

Que ce soit face à un homme ou à une femme, quand on perçoit cette personnes comme belle, sexy ou attirante, c’est en général qu’on y remarque une prestance dans son expression qui semble concentrée sur quelque chose et qui dégage une énergie particulière.

 

On aura peut-être l’impression que je prêche pour mon église, mais je ne crois pas qu’on puisse contredire que marcher en chaussures plates n’a simplement rien à avoir avec les talons hauts.

 

Mais qu’ai-je donc à l’esprit pendant que je parcours les rues de Paris avec mes talons Louboutin ?

 

Quoique, en principe, mon niveau de maîtrise m’autorise à ne pas devoir me soucier de chacun des éléments de ma démarche, je prête la plus grande attention à l’instant où je porte l’un des pieds à l’avant afin de ne produire un espace même minime entre les genoux.

 

Pour cela, il faut absolument contrôler la vitesse de ses pas puisqu’une légère accélération aboutit à faire faiblement s’écarter les genoux. On pourrait penser que ce n’est qu’un détail, mais il est un fait que la différence créée par un petit espacement des genoux affecte tellement le rendu de la démarche qu’il doit être évité à tout prix.

 

Il s’agit là d’une caractéristique de la technique des talons hauts.

 

En chaussures plates, on est porté à croire que des genoux écartés ou serrés ne mènent pas à une différence significative. Du moins c’est en général ce que pensent les gens. Emprunter le chemin le plus court pour vivre avec élégance nous conduit à une impasse.

 

Quand on sait à quel degré courir en talons hauts est disgracieux, on ne peut que se jurer, quelles que soient les circonstances, de ne pas le faire. Il faut dès lors considérer le temps requis pour se rendre à sa destination, et apprendre à calculer celui qui nous est vraiment nécessaire.

 

Or savoir s’offrir le temps pour faire quelque chose nous permet aussi d’éprouver la richesse de notre existence, ce qui nous amène à découvrir la générosité de toutes les choses en nous faisant parcourir un cercle vertueux. Je crois que courir avec des chaussures plates ne suscite probablement pas de résistance, mais cela ne nous apporte rien de stimulant non plus.

 

Or il y a dans cette pensée quelque chose de crucial. Si vous désirez vivre avec élégance, vous devez d’abord revoir les fondements de votre façon de penser. Avec des bases faussées, même vos meilleurs efforts se porteront dans la mauvaise direction et se résumeront à une pure perte de temps ou un résultat trop éphémère.

 

Nous vivons à une époque où des artistes extraordinaires créent de magnifiques choses qui viennent peupler ce monde en nombre. Et si l’on est prêt y à mettre le prix, on peut librement acquérir la plupart de ces créations contre de l’argent.

 

Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre notre temps avec ce qui porte atteinte à toutes ces belles choses que produit une telle époque, ni avec ce qui à l’encontre de la beauté. J’ai au fond de moi la conviction que se mettre à la poursuite de la beauté équivaut à se confronter à l’essence de notre âme.

 

                             photo:favim.com

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