Marcher en talons hauts n’est pas suffisant

C’est la première fois que j’ai passé huit jours en talons hauts sans faire d’exercices à pieds nus. Je savais qu’une telle pause ne produirait rien de bon, mais cela ne m’a pas empêchée d’en faire une. Jusque-là, je me suis toujours exercée à pieds nus même pendant les vacances, mais j’avais décidé cette année de reposer mon corps.


Cependant, la situation s’est révélée pire que je ne l’avais imaginée, me faisant amèrement une nouvelle fois ressentir l’importance de ce type d’exercice. Durant la croisière, je portais des talons plateforme Zanotti de 15 cm au bord la piscine et pour le dîner, bien évidemment, des talons classiques Louboutin de 12 ou 13 cm.


Dans la cabine, les pantoufles étaient comme d’habitude proscrites. Mais c’est au retour des vacances, en faisant les premiers pas avec mes Louboutin de 15 cm chez moi, que j’ai immédiatement saisi qu’il ne suffisait pas de marcher en talons hauts pour maintenir sa technique.


J’ai en effet été surprise de remarquer que le poids de mon corps se portait intégralement sur le talon, à l’encontre de mon principe fondamental. Je voulais comme toujours que mon poids aille sur le thénar du pied, mais cela n’est resté qu’une simple « volonté ».


Je me suis ainsi rappelé combien les égarements de notre corps pouvaient être terribles, mais c’était aussi la première fois que je percevais si nettement à quel degré il dérivait sans que l’on y prenne garde dans la direction qui lui coûte le moins d’efforts.


Vivre en talons hauts ne doit pas signifier avoir la grosse tête ; c’est au contraire savoir faire preuve de modestie et rester attentive. Après tout, s’il ne fait pas d’efforts, quiconque voit son niveau baisser, ce qui vaut tant pour l’esprit que pour le corps.


Se dire « J’y arrive » et en rester là, telle est la meilleure façon pour s’arrêter de progresser. Me découvrir en train de porter mon poids sur le talon a été un véritable choc, mais d’un autre côté cela m’a donné à goûter un monde jusque-là inconnu.


Je parle de ce que je me suis soudainement inquiétée du fait que mes chaussures risquaient de se casser en m’appuyant si fortement sur leur talon sans m’en rendre compte. En même temps, porter son poids sur le talon est la preuve, du point de vue anatomique, que le thénar du pied n’est effectivement pas utilisé.


Notre poids dévie naturellement vers l’extérieur en exerçant une charge sur le pourtour du pied et de la jambe. Ce n’est alors que la périphérie du mollet qui se développe, ce qui est une des causes des jambes arquées. De plus, l’axe corporel ne pouvant être correctement établi, le dos se renverse en allant provoquer des douleurs aux hanches.


Il ne faut pas prendre à la légère le report du poids sur le talon, car il est clairement nuisible à un corps sain et ne permet malheureusement pas de dessiner une ligne harmonieuse au niveau des jambes. Mais comme je l’ai dit, même en portant en permanence des talons hauts, la démarche ne sera jamais parfaite sans les exercices à pieds nus qui en assurent la fondation.


C’est bien au contraire en pratiquant de tels exercices qu’on parvient à utiliser les muscles adaptés aux talons hauts et à employer correctement le corps. Leurs résultats se manifestent formellement dans la santé du corps de même que dans sa ligne et celle des jambes.


Il existe quatre exercices à pieds nus combinés avec un autre utilisant une chaise. Dans l’exercice avec une chaise, il est possible d’éprouver combien la charge exercée sur l’extérieur du pied ou de la jambe est importante si l’on fait attention au thénar du pied et à la musculature interne de pied ou de la jambe.


Sur cette base, on enchaînera avec quatre exercices à pieds nus. Le premier est un exercice polyvalent dans lequel on entraîne aussi bien les abdominaux, le thénar du pied, les muscles internes des jambes et des cuisses, les genoux, finalement le corps entier.


La position du flamant rose constitue la base de ce premier exercice, mais elle s’applique spécialement aux muscles des genoux nécessaires à la démarche en talons hauts. Beaucoup de femmes plient facilement les genoux en particulier au moment de poser le pied à l’avant, mais cela signifie qu’elles ne peuvent plus diriger intégralement leur poids sur le thénar du pied.


En outre, alors que le pied est avancé, le genou de la jambe en appui a tendance à lâcher, affectant grandement l’équilibre. Le premier exercice est également spécialement bien adapté pour travailler sur ce problème. Ensuite, l’exercice dans lequel on pose le pied à partir du talon est vivement recommandé aux personnes qui souffrent d’un hallux valgus.


Il est idéal pour bien prendre conscience des muscles internes au niveau des cuisses. Nombreuses sont celles dont les cuisses ne restent pas fermes durant la démarche, phénomène dû au fait que la plupart d’elles, au lieu d’exploiter les muscles internes des cuisses, n’utilisent que le mollet dans la partie inférieure au genou.


Ce problème est toutefois difficilement perceptible si on s’exerce directement en talons hauts. Marcher en talons hauts sans parvenir à maîtriser cet exercice à pieds nus est faire comme un marteau qui aurait l’ambition de se présenter aux épreuves de natation durant les Jeux Olympiques.


Finalement, le dernier exercice synthétise les précédents en recourant à la même technique qu’en talons hauts. Lorsque j’explique la nécessité et les résultats de mes exercices à pieds à une cliente suivant mes leçons de coach pour talons hauts, je ne peux m’empêcher à chaque fois de me dire avec satisfaction que ce programme est parfaitement monté et qu’il se rapproche d’une œuvre d’art.


Dans les leçons Haute-couture, je remarque que les jambes des clientes en face de moi changent de façon visible avec les exercices à pieds nus déjà avant de chausser des talons hauts, et ces clientes elles-mêmes peuvent s’en apercevoir.


Néanmoins, même parvenue à ce résultat, il reste nécessaire de les continuer. Même moi, malgré qu’imperturbablement je prête bien attention à ce que je fais, je tombe dans le triste piège de m’appuyer sur le talon après un blanc d’une semaine.


Bref, vivre sans faire attention de la sorte, ou baisser momentanément sa garde, c’est fondamentalement diminuer de moitié les capacités son propre corps. Au contraire, accomplir des efforts et persévérer, c’est s’offrir la possibilité de recevoir en retour de magnifiques résultats.


Tant la santé que la beauté restent hors de portée si l’on s’en remet à autrui ou à autre chose que ses propres efforts. Tout est affaire de responsabilité personnelle, car ce que l’on fait de manière inconsciente exerce une influence en retour, aussi sûrement que le reflet du miroir renvoie notre propre image.


Avant de ressentir de l’envie ou de la jalousie envers autrui sans avoir véritablement essayé par soi-même d’atteindre le même résultat, essayons plus de produire les efforts nécessaires pour atteindre cet objectif.


« Un jour… » Cette façon de penser ne crée qu’une éternelle remise au lendemain, jusqu’à ce que finalement on arrive au baisser du rideau sans avoir rien fait. Nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher une journée ou même une seconde dans notre vie.


Ceci est une loi de l’univers que ce que je peux réaliser aujourd’hui ne doit pas être reporté à demain ; à l’inverse, ce que je prévois de faire demain n’a pas besoin d’être fait aujourd’hui.


Vivons le présent.
C’est en vivant l’instant que nous agissons avec les lois de l’univers.

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