Pourquoi faut-il que nous marchions avec élégance ?

Pourquoi ai-je donc envie de marcher élégamment ?
Et pourquoi faudrait-il que les gens marchent d’une belle façon ?


La réponse réside dans l’acte même de marcher, car il vaut comme un témoignage et une expression du sens esthétique et de la philosophie d’une personne.


Nombreux sont ceux à penser que marcher n’est rien de plus qu’un moyen pour se rendre d’un point A à un point B. Mais à chaque pas que l’on fait, à chaque fois que le pied vient toucher le sol, c’est un instant que l’on vit et qu’il ne faut pas laisser passer.


De même que l’esprit d’élégance ne peut naître chez une femme qui traite à la légère chaque instant, vivre dans l’élégance s’avèrera impossible pour celle qui fait peu de cas de ses pas. Du point de vue de quelqu’un qui ne connaîtrait pas ce monde parcouru par une énergie grandiose, engager sa vie dans quelque chose d’aussi fugace, de simples pas, peut éventuellement sembler absurde.


Or tant que l’on ne s’investit pas à un tel degré, la vision du monde et le style de vie sous-entendus ici et puisant leur force à l’intérieur de l’individu ne peuvent s’exprimer au-dehors. Ce passage vers l’extérieur n’est néanmoins pas le but premier ; autrement dit, l’objectif ne doit pas juste être de se présenter sous un beau jour.


Plus fondamentalement, il faut se donner dans chaque instant rythmant la démarche, de celui où le pied à l’arrière est soulevé à celui où il est à nouveau posé au sol après avoir été passé à l’avant. C’est une telle disposition qui fait que l’on peut apparaître belle, et non l’inverse.


Si l’on fait les choses à l’envers dans la poursuite de la beauté, que l’on fait preuve de légèreté ou que l’on reste à la surface des choses, il est impossible de charmer les gens.


Évidemment, une technique est nécessaire à la surface pour y exprimer ce que nous voulons réaliser.
Autrement dit, un travail doit être accompli pour combler le fossé entre ce que nous avons en tête et ce que l’on fait effectivement, comme c’est aussi le cas lorsque nous voulons donner une expression concrète à notre philosophie de vie.


La beauté forme un univers bien plus profond que ce que les gens s’imaginent. Elle fait travailler la tête, nous oblige à tout calculer, et exige de nous une sensibilité aussi développée que la théorie qui la soutient.


En somme, n’en va-t-il pas de quelque chose qui nous donne le sentiment d’« être en vie » ?


La technique correcte en talons est parcourue par toutes sortes de polarités, telles celles de la logique et de la sensibilité, du féminin et du masculin, de la courbe et de la droite ou encore du repos et du mouvement.


S’il est vrai que ces extrêmes se mélangent et dessinent un ensemble complexe, l’acte de « marcher » permet d’exprimer la beauté avec simplicité, à la façon de la respiration dont personne n’a vraiment conscience.


À ce propos, je me souviens encore de l’air d’une cliente alors qu’elle me parlait de la beauté simple et épurée de l’iMac. L’intérieur du iMac est de loin plus complexe que celui d’autres ordinateurs, et c’est en dissimulant cette complexité au regard qu’il parvient à transmettre une beauté toute en simplicité.


C’est parce qu’une chose semble simple qu’elle cache justement de la complexité. Evitons donc de juger ce que nous voyons uniquement à partir d’une apparence de simplicité.


La simplicité est bel et bien porteuse de profondeur.


Je pense que dès que l’on s’engage personnellement dans le monde ouvert par la démarche élégante en talons hauts, notre vision des choses connaît d’importants changements. Mais plus que le résultat qui est de marcher d’une belle manière, c’est le processus même de la démarche élégante qui importe en tant qu’il nous révèle de grands secrets.


Ainsi, lorsqu’on vous demandera ce qu’est la beauté, vous pourrez résoudre tous les mystères, même sans rechercher de réponse dans mon blog.

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