Un sens de la beauté proportionné à son âge

Depuis peu, nous nous sommes lancées dans ma « philosophie de la voix » avec une cliente se destinant à devenir High Heel Coach.


J’inclus dans ma formation un entraînement de la voix, car la force qu’elle véhicule est pour moi fondamentale et sa maîtrise me paraît cruciale pour celle qui veut se démarquer.


Vu que cette cliente est une professionnelle de la chanson, elle maîtrise parfaitement la technique consistant à bien dégager la gorge. Mais en fait, même une chanteuse qui a fait ses armes dans la capitale de son art a été touchée par ma « philosophie de la voix ».


Ce qui est difficile, c’est d’employer cette technique lorsque l’on s’entretient avec quelqu’un ou dans les discussions de tous les jours.


Or durant notre dernier cours, alors que nous en étions à la « philosophie de la voix », j’ai pu remarquer combien elle avait bien assimilé ce que nous avions vu la semaine précédente, et combien cela apportait à sa voix une certaine consistance.


Nous alors pu nous concentrer sur la prononciation délicate des fins de phrases. Je ne dis pas cela par flatterie, mais l’atmosphère qui entoure ma cliente s’est instantanément modifiée quand elle est parvenue à appliquer ce principe.


En parlant, elle débordait alors d’une élégance et d’un raffinement nés de l’intérieur. Puis, c’est elle-même qui a eu le souffle coupé par cette redécouverte de sa voix. Notre corps est capable d’inspirer élégance et grâce de l’intérieur selon la façon dont il est employé.


D’un autre côté, les femmes qui gomment toute élégance à cause de leur manière d’employer leur corps, et qui tentent malgré cela d’ajouter un peu de raffinement dans leur vie en appliquant une couche d’un vernis fragile à la surface, sont loin de constituer une exception.


Parler et marcher sont des actions que nous effectuons sans y prêter attention, et c’est justement pourquoi elles recèlent des clés importantes pour celles qui désirent prendre le contrôle sur leur habitudes inconscientes.


Faire attention à terminer ses phrases avec délicatesse se révèle difficile pour les Japonais, car ils ont une tendance naturelle à élever la voix. C’est une habitude, ou manie, qu’ils prennent sans rien remarquer, mais l’impression qui en découle est en réalité plutôt puérile.


Cette attention tournée sur la fin d’une phrase s’enracine dans ma philosophie des talons hauts. Rappelez-vous de comment bien poser le pied. La majorité des femmes ne prêtent aucune attention à ce moment, mais celui-ci nécessite, afin que le pied vienne toucher le sol en douceur, d’être parfaitement concentrée sur l’ensemble de la musculature, tout particulièrement sur la partie au-dessus du genou de la jambe avant.


Cela rejoint trait pour trait ce qu’opère un pilote d’avion à l’atterrissage, quand il est entièrement tourné sur l’instant où les roues vont toucher la piste. L’attention au rythme, un autre trait de la philosophie de la voix, provient elle aussi de la philosophie des talons hauts.


Il ne suffit pas de parler lentement pour donner une impression d’élégance. Parler avec un rythme lent et uniforme aura rapidement fait d’ennuyer l’interlocuteur, laissant peu d’espoir que la discussion se grave dans la mémoire de celui-ci.


Il est impossible de marquer et de captiver autrui avec un ton monotone. De même, dans la démarche en talons haut, un rythme élégant fait constamment alterner des phases dites « calme » et « dynamique ». Le port du pied à l’avant est gracieux lorsqu’il évoque quelque chose de « calme ».


Avant de poser le pied, sa pointe se dirige vers le bas et la jambe est raidie. Cet instant où toute la musculature du corps est mise en action correspond quant à lui à une phase « dynamique » de la démarche. Ensuite, on doit absolument insérer un bref intervalle de « calme », juste avant que le pied n’atteigne effectivement le sol.


Afin que l’élégance du mouvement ne soit pas diminuée quand le pied est finalement posé, le genou de la jambe à l’arrière doit interpréter un mouvement « dynamique », comme s’il était attiré par l’autre genou. Puis, le cycle recommence avec le pied qui est avancé lors d’une séquence « calme ».


Grâce à la répétition de ces éléments « calmes » et « dynamiques », nous pouvons exprimer de la profondeur et un grand contrôle sur notre corps, rien qu’en marchant. Au contraire, sans une telle alternance rythmique, la démarche sera aussi gracieuse et intense que le mouvement sans âme d’une roue.


Il faut par ailleurs bien veiller à ne pas émousser le contraste entre ces deux éléments opposés quand on accélère ou ralentit sa marche. Bien évidemment, il est plus délicat de marquer un rythme quand on marche rapidement. En particulier, le moment « dynamique » lors duquel le pied en avant est préparé et l’instant de « calme » deviennent difficiles à bien exécuter, ce qui risque d’ôter son raffinement à l’ensemble.


Je déconseille donc d’éviter de marcher à pas rapides, puisque précipitation et élégance sont difficilement compatibles.


Marcher


C’est un outil, muet, pour s’affirmer en tant que personne et faire apparaître sa manière de vivre.


Utiliser sa voix


C’est un autre outil pour s’affirmer au travers de propos mûrs et informés par un discours lui-même réfléchi. Il est évident que les faits et gestes accomplis sans réfléchir décident de l’impression que nous donnons à autrui. Mais à ce moment, je crois que nous ne sommes plus maîtres de ce que nous diffusons, de nos vibrations et notre beauté, et cela doit être évité.


Alors, qu’est-ce qui est nécessaire à une femme mûre ?


La réponse : une manière de marcher ainsi qu’une façon de parler spécifiques. Tant qu’elle n’aura pas parfait ces deux arts, je ne crois pas qu’elle pourra vivre en exhalant une élégance authentique.

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